10 juillet 2005

Un geste de témoignage...

Ferron, post-scriptum (de Ginette Michaud, Lanctôt éditeur)Après plus de quinze ans de lecture et de recherche, Ginette Michaud, la directrice des Cahiers Jacques-Ferron, regroupe onze des études qu'elle a consacré à l'auteur de La Conférence inachevée.

"En relisant à rebours l'oeuvre de Ferron, depuis sa fin et sa finitude - à partir de ce recueil ultime et du manuscrit inachevé du Pas de Gamelin -, ces essais s'attachent tous à élucider la complexe politique des lettres de l'écrivain. Multipliant les angles qui font saillir des aspects encore inaperçus de l'oeuvre (sa bibliothèque, ses lectures, ses correspondances, entre autres), ces essais interrogent, souvent à partir des soubassements de l'archive, sa manière si souverainement inimitable de repenser les questions relatives à l'identité et à la langue, de justifier ses différentes allégeances littéraires, de croiser filiations et héritages, fût-ce parfois à travers le trajet d'un seul mot ou d'un drôle d'accent curieusement repiqués dans la mémoire culturelle. En scrutant nos "origines", Ferron a toujours cherché moins à les fonder qu'à dégager l'originalité de la situation québécoise à ouvrir son avenir, aussi incertain reste-t-il...[...]


Au sujet d'un collègue écrivain, Ferron confiait, et c'était un autoportrait à peine masqué : "Ce que j'admire le plus en lui, c'est qu'il ait su concilier son pays tout en restant fidèle à lui-même et qu'il n'ait pas craint de rester au coeur des contradictions où cette attitude le mettait." Ferron pensait aussi que "l'honneur de l'écrivain, justement, est d'être libre, disponible, non corvéable". La dignité, la liberté, l'honneur : ces trois mots condensent la grandeur véritable de l'oeuvre de Jacques Ferron. Façon qui lui est propre de faire, ou de laisser grandir avec elle son lecteur, en l'affranchissant." (Texte de la 4e de couverture)
Ginette Michaud, Ferron, post-scriptum, Outremont, Lanctôt éditeur, Cahiers Jacques-Ferron, no 13, 2005, 374 p.