12 septembre 2004

Ferron, Major et Baillargeon: des lettres et des écrivains

Deux nouveaux cahiers Jacques-Ferron, toujours aussi superbement édités par Lanctôt éditeur, nous font découvrir d'autres correspondants de Ferron: un ami Brébeuvois, l'écrivain Pierre Baillargeon, et un camarade de la revue Parti pris, l'écrivain André Major.

Au Salon du livre, André Major disait que Ferron répondait "obliquement" aux lettres qu'il lui envoyait, comme s'il avait toujours une oeuvre derrière la tête... ou devant lui. À nous maintenant de découvrir "l'écrivain oblique".
Jacques Ferron et Pierre Baillargeon, Tenir boutique d'esprit... (Lanctôt éditeur)Jacques Ferron et Pierre Baillargeon, Tenir boutique d’esprit. Correspondance et autres textes (1941-1965), édition préparée par Marcel Olscamp et présentée par Jean-Pierre Boucher, Lanctôt éditeur, Cahiers Jacques-Ferron, no 11, 2004, 146 p.
"Votre personnage m’importe, mais m’importe davantage le rôle, que je vous ai confié, sans que vous l’ayez recherché, d’être au-dessus de moi et d’être aussi mon maître. Il m’en faut au moins un; vous êtes encore le seul, ici au pays, qui gardiez le pas sur mon irrévérence. Si vous partez, vous ne laissez que farce derrière vous et je ne suis plus qu’un brigand tout cru. (Jacques Ferron, 07/06/48)
[…] je sais l’estime et l’amitié que tu gardes à tes anciens maîtres. Et tout ce paragraphe doit te faire prévoir quelle réception on fera à tes contes. Et tandis que je t’écris ces belles choses, les poules qui marchent en hochant la tête, m’approuvent toutes. Le chien se gratte la tête, mais il a des puces : au fond, il est de mon avis. Dépêche-toi de me contredire, mon cher Jacques." (Pierre Baillargeon, [août 1948])

Jacques Ferron et André Major, Nous ferons nos comptes plus tard... (Lanctôt éditeur) Jacques Ferron et André Major, "Nous ferons nos comptes plus tard...". Correspondance (1962-1983), édition préparée par Lucie Hotte et présentée par André Major, Lanctôt éditeur, Cahiers Jacques-Ferron, no 12, 2004, 126 p.

"André Major, alors secrétaire aux Éditions du Jour, écrit un jour de mars 1962 au docteur Jacques Ferron, qu’il a déjà rencontré à quelques reprises, et un dialogue s’engage qui se poursuivra deux décennies durant. L’écrivain de vingt ans commence d’abord par s’affirmer d’une manière un peu juvénile pour ne pas trop montrer l’admiration qu’il voue à son aîné, puis une sorte de connivence fraternelle s’insinue dans leurs échanges où, peu à peu, apparaissent des personnages marquants des années soixante et soixante-dix, période qui verra une nouvelle génération d’écrivains s’imposer autour de la revue Parti pris, tandis qu’une première vague terroriste mettra à dure épreuve une révolution prétendument tranquille." (Extrait de la présentation)