01 novembre 2004

Ferron au pays du "mécénat incertain"

Robert Yergeau, Art, argent, arrangement. Le mécénat d'État"Ce sera le médecin qui entretiendra l'écrivain. Je serai mon propre mécène", a écrit Ferron.
En 1968, il a pourtant eu un autre mécène: le Ministère de la culture du gouvernement québécois. C'est ce que nous apprend Robert Yergeau dans son imposant essai Art, argent, arrangement. Le mécénat d'État, publié aux
Éditions David (2004, 631 p.). Dans son résumé des rapports des membres du jury (Jean-Éthier Blais, Jacques Brault, Adrien Grenier et Clément Saint-Germain), il montre le chemin qu'a parcouru la demande de Ferron avant qu'il obtienne une bourse. On a l'impression d'assister à leur délibération (jusqu'ici) secrète (p. 468-472).
De plus, il nous apprend que demander une lettre de recommandation à Ferron pouvait être risqué: il a accepté de recommander Raoul Roy "pour ensuite le torpiller" (p. 469). Yergeau analyse aussi les commentaires du jury à propos de l'essai de Jean Marcel, Jacques Ferron, malgré lui, pour lequel les Éditions du Jour avait demandé une aide financière au Conseil des Arts du Canada.
La descente de Yergeau dans l'arrière-cuisine du mécénat d'État fera grincer des dents, beaucoup de dents: certains lecteurs voudront peut-être le mordre... Parfois, le menu est loin d'être tendre pour les juges, les jugés, les acceptés, les refusés... Mais le détour en faut la peine pour ceux qui ont l'estomac et l'esprit solides. (Luc Gauvreau)

01 octobre 2004

Dominique Garand reçoit le prix Jean Éthier-Blais

Dominique Garand, Accès d'origines, ou pourquoi je lis encore Groulx, Basile et Ferron (Éditions Hurtubise-HMH, 2004)La Fondation Lionel-Groulx vient de remettre le prix Jean Éthier-Blais à Dominique Garand, essayiste et professseur à l'UQAM. Dans cet ouvrage, il met en relation trois écrivains peu habitués à se côtoyer: Lionel Groulx, Jean Basile et Jacques Ferron.
Selon le jury,
"Le projet et l'optique de Garand sont réfléchis et novateurs. Il s'agit de relire quelques-uns de nos classiques en essayant de les dégager du carcan où les enferme la tradition, et donc de remettre en question certaines lectures qui en sont faites. La littérature témoigne de nos origines, donne accès à ce qui nous constitue..."

À noter: C'est la troisième fois que le prix Jean-Éthier-Blais est remis à un essai portant en tout ou en partie sur Jacques Ferron. En 1998, Marcel Olscamp l'a reçu pour sa biographie Le fils du notaire : Jacques Ferron, 1921-1949 : genèse intellectuelle d’un écrivain (Fides). En 2002, Michel Biron l'a mérité pour son ouvrage L’absence du maître : Saint-Denys Garneau, Ferron, Ducharme (Les Presses de l’Université de Montréal).

Lecteur de Louis Hémon

Louis Hémon, Colin-Maillard (Éditions LUX, 2004)Pour leur réédition de Colin-Maillard de Louis Hémon, LUX éditeur a repris la préface que Ferron avait écrite en 1972 pour les Éditions du Jour.
Un texte peu connu, mais essentiel pour connaître sa passion pour l'auteur de Maria Chapdelaine.
En situant Hémon dans le cadre des influences familiales, historiques et politiques qu'il a subies, Ferron relit ce célèbre roman dans une perspective inattendue.

12 septembre 2004

Ferron, Major et Baillargeon: des lettres et des écrivains

Deux nouveaux cahiers Jacques-Ferron, toujours aussi superbement édités par Lanctôt éditeur, nous font découvrir d'autres correspondants de Ferron: un ami Brébeuvois, l'écrivain Pierre Baillargeon, et un camarade de la revue Parti pris, l'écrivain André Major.

Au Salon du livre, André Major disait que Ferron répondait "obliquement" aux lettres qu'il lui envoyait, comme s'il avait toujours une oeuvre derrière la tête... ou devant lui. À nous maintenant de découvrir "l'écrivain oblique".
Jacques Ferron et Pierre Baillargeon, Tenir boutique d'esprit... (Lanctôt éditeur)Jacques Ferron et Pierre Baillargeon, Tenir boutique d’esprit. Correspondance et autres textes (1941-1965), édition préparée par Marcel Olscamp et présentée par Jean-Pierre Boucher, Lanctôt éditeur, Cahiers Jacques-Ferron, no 11, 2004, 146 p.
"Votre personnage m’importe, mais m’importe davantage le rôle, que je vous ai confié, sans que vous l’ayez recherché, d’être au-dessus de moi et d’être aussi mon maître. Il m’en faut au moins un; vous êtes encore le seul, ici au pays, qui gardiez le pas sur mon irrévérence. Si vous partez, vous ne laissez que farce derrière vous et je ne suis plus qu’un brigand tout cru. (Jacques Ferron, 07/06/48)
[…] je sais l’estime et l’amitié que tu gardes à tes anciens maîtres. Et tout ce paragraphe doit te faire prévoir quelle réception on fera à tes contes. Et tandis que je t’écris ces belles choses, les poules qui marchent en hochant la tête, m’approuvent toutes. Le chien se gratte la tête, mais il a des puces : au fond, il est de mon avis. Dépêche-toi de me contredire, mon cher Jacques." (Pierre Baillargeon, [août 1948])

Jacques Ferron et André Major, Nous ferons nos comptes plus tard... (Lanctôt éditeur) Jacques Ferron et André Major, "Nous ferons nos comptes plus tard...". Correspondance (1962-1983), édition préparée par Lucie Hotte et présentée par André Major, Lanctôt éditeur, Cahiers Jacques-Ferron, no 12, 2004, 126 p.

"André Major, alors secrétaire aux Éditions du Jour, écrit un jour de mars 1962 au docteur Jacques Ferron, qu’il a déjà rencontré à quelques reprises, et un dialogue s’engage qui se poursuivra deux décennies durant. L’écrivain de vingt ans commence d’abord par s’affirmer d’une manière un peu juvénile pour ne pas trop montrer l’admiration qu’il voue à son aîné, puis une sorte de connivence fraternelle s’insinue dans leurs échanges où, peu à peu, apparaissent des personnages marquants des années soixante et soixante-dix, période qui verra une nouvelle génération d’écrivains s’imposer autour de la revue Parti pris, tandis qu’une première vague terroriste mettra à dure épreuve une révolution prétendument tranquille." (Extrait de la présentation)

01 juin 2004

La voix d'Émile Nelligan

Le monde de Jacques Ferron, chronique de L'Aut'journal, juin 2004.Ce mois-ci, L'Aut'journal présente dans sa chronique "Le monde de Jacques Ferron" une historiette intitulée "La voix d'Émile Nelligan, la mue et la langue de sa mère".

01 mai 2004

Un carré de ciel: le texte de Michèle Magny

Un carré de ciel de Michèle Magny (Éditions Leméac)Le texte de la pièce de Michèle Magny, Un carré de ciel, vient aussi de paraître aux éditions Leméac, dans la collection "Théâtre".

Actualité de Ferron

Actualité de ferron (Spirale, mai-juin, 2004)"Jusqu’à tout récemment l’intérêt qu’on portait à Ferron ne dépassait guère les murs de l’Université, l’auteur étant très peu lu par le grand public. Que s’est-il passé pour que, coup sur coup, cet intérêt se manifeste à partir de trois lieux de diffusion indépendants du milieu de la recherche : chez Lanctôt éditeur, la réédition de Rosaire précédé de L’exécution de Maski; à l’Office national du film du Canada, Le cabinet du docteur Ferron de Jean-Daniel Lafond, présenté à Télé-Québec, et, au Théâtre d’Aujourd’hui, la création de la pièce de Michèle Magny, Un carré de ciel, inspirée des œuvres et du personnage de Ferron?"
C'est ainsi que Patrick Poirier et Pierre L'Hérault présentent Actualité de Ferron, le dossier de la revue Spirale (mai-juin-2004).
On y trouve un entretien avec le cinéaste Jean-Daniel Lafond et la dramaturge Michèle Magny, une critique du film (par Patrick Poirier) et de la pièce (par Pierre L'Hérault), un compte rendu de Rosaire (par Catherine Mavrikakis), des essais de Dominique Garand et de Gilles Dupuis, et
un superbe texte inédit de Ferron intitulé "La ville de Varsovie".
Consultez le sommaire complet de ce dossier sur
le site de Spirale.
Vous pouvez aussi lire le texte complet de Dominique Garand intitulé "Penser la communauté n’empêche pas d’être unique". Bonne lecture!

01 avril 2004

L'Aut'journal accueille le monde de Jacques Ferron

Le monde de Jacques Ferron, chronique de L'Aut'journal, février 2004. À l'invitation de Jean-Claude Germain, L'Aut'journal a offert ses pages au "Monde de Jacques Ferron". À tous les deux numéros, une ou deux historiettes peu connues paraissent dans cet "aut'journal" avec une apostrophe pour apostropher.
Dans le numéro d'avril 2004, à l'approche de Pâques, on trouve son interprétation très originale de la mort du Christ: "La mort prévient la folie". On peut lire aussi un texte savoureux sur "Monsieur Riant", écrit au moment de la visite de la Reine, en 1964.

15 janvier 2004

Quinzaine Jacques Ferron (du 9 au 29 février 2004)

Marcel Olscamp, Jacques Ferron, le fils du notaire. Genèse intellectuel d'un écrivain (Fides)Une autre première à L'Assomption où le milieu culturel n'en finit plus de nous bien divertir. En effet, quelques passionnés de littérature, avec tout ce qu'elle entraîne de merveilleux et de magique, ont eu l'idée d'offrir à la population d'ici et d'ailleurs une occasion de renouer avec l'écrivain québécois, Jacques Ferron (1921-1985).
Exposition des œuvres (articles, photos et archives) de Ferron, projection du film Le cabinet du docteur Ferron, de Jean-Daniel Lafond (bande annonce sur le site de l'ONF)
, lecture des lettres de Ferron à ses sœurs et à son père, table ronde sur Ferron et les écrivains dans l'histoire, souper littéraire en présence d'un conférencier. [suite et programme complet...]
Pour réservations et renseignements: Yolande Gingras (Librairie L'Embellivre)
450) 589-1455 /
yogingras@qc.aira.com
ou
Luc Gauvreau (Société des amis de Jacques Ferron)
(514) 526-3767 /
societeamisferron@ecrivain.net

12 janvier 2004

Jacques Ferron au théâtre deux fois

Parallèlement aux représentations de la pièce de Michèle Magny, Un carré de ciel, Le Théâtre d'aujourd'hui offre au public l'occasion d'en connaître davantage sur la vie et l'oeuvre de Jacques Ferron. Une réalisation de la Société des amis de Jacques Ferron.










01 janvier 2004

Un carré de ciel, une pièce de Michèle Magny

Un carré de ciel, une pièce de Michèle Magny

Une pièce de Michèle Magny présentée au
Théâtre d'aujourd'hui du 13 janvier au 7 février 2004.

"Inspiré des derniers textes de Jacques Ferron (dont "le Pas de Gamelin" et La conférence inachevée), Un carré de ciel suit à la trace les réflexions et la douleur d’un être jadis flamboyant pour qui le temps est désormais «hors de ses gonds». Ému et rigoureux, ce texte de Michèle Magny entame avec un écrivain hors du commun un dialogue humain, profond, somptueux.

Mise en scène: Martine Beaulne / Assistance à la mise en scène et régie: Allain Roy / Avec Jean Marchand, Jean-François Casabonne, Muriel Dutil, Catherine Sénart, Anne-Marie Provencher, Christiane Proulx, Marie-Ève Bertrand.

Pour le calendrier des représentations et la billeterie, consultez le site du
Théâtre d'aujourd'hui.